mercoledì 28 settembre 2011

Intervista di Marie Eve Gardere a Jean-Jacques Martin

Fernanda Mancini
Sul Terreno del Sacro, Marie Eve Gardère: une conversation avec Jean-Jacques Martin 

C’est à Aix en Provence dans le magnifique Cloître des Oblats qui accueillait cet été son exposition Visages Transfigurés, que j’ai parlé à Jean-Jacques Martin de l’œuvre de Fernanda Mancini dont l’exposition Lo Spazio Le Cose I Frammenti. Sul Terreno del Sacro a eu lieu en avril 2011 à l’Institut Culturel Italien de Berlin.
Fernanda Mancini a participé en 2008 à la XIII Biennale d’Art Sacré à l’Isola del Gran Sasso à Teramo.

André Breton écrit dans L’Amour Fou : Aujourd’hui je n’attends rien que de ma seule disponibilité, que de cette soif d’errer à la rencontre de tout, dont je m’assure qu’elle me maintient en communication mystérieuse avec les autres êtres disponibles, comme si nous étions appelés à nous réunir soudain.

‘‘Oui, en abordant l’œuvre de Fernanda Mancini à travers ses catalogues que vous me montrez, je pense au post surréalisme, moitié figuratif moitié abstrait . C’est la peinture de quelque chose dans l’espace où le dessin pulvérise le tableau. Comme Matisse il s’agit de la vie.
Cette artiste sait que le transcendantal existe, qu’existe les conditions de la connaissance du Vrai, du Bien et du Beau, ces mystères de l’ascension au divin auxquels Platon donne une forme dialectique’’.

Je ne pense pas à l’art quand je travaille. J’essaie de penser à la vie disait Basquiat.

‘‘ Il y a c’est vrai dans la peinture de Fernanda Mancini quelque chose du style énergique de Basquiat . L’objet du dessin est placé dans un espace classique, le cercle par exemple. Émerge alors le rapport entre le symbolique, l’imaginaire et le réel, rapport qui est le fondement des séminaires de Lacan, la découverte de mondes différents de notre réalité et la mise en évidence d’appareils cognitifs communs selon la pensée de Lévi-Strauss; la prise de conscience de la différence et de l’universalité.
Les tableaux de Fernanda se construisent selon une représentation transcendantale, comme Mondrian. Toute trace de référence au naturel visible disparaît au profit de principes en accord avec une certaine vision de l’Universel ’’.

Fernanda Mancini emprisonne l’objet de sa peinture dans un espace binaire en dessinant des flèches, l’abscisse et l’ordonnée. Et quelquefois elle dessine l’espace classique à la règle. Sa recherche est l’union du réel et de l’imaginaire. Plus ça va et plus ça devient surréaliste. Le visage qu’elle peint  est un visage surréaliste en ce sens qu’il est dans un espace non absolu. Les visages que vous peignez, Jean-Jacques,  et qui sont ici exposés, sont des paysages, des ‘‘pays-visages’’ comme vous dites.

‘‘ Il y a autant d’espaces que de tableaux’’.

André Breton disait aussi : Je crois à la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue.
La démarche de Fernanda Mancini offre l’immense intérêt de maintenir à l’état dynamique le système de comparaison, ce champ illimité dont nous disposons et qui nous livre les rapports susceptibles de relier les objets en apparence les plus éloignés et nous découvre partiellement le symbolisme universel.
Son système est exemplaire par sa cohérence et la constance de ses exigences.

                                                                                                                    
   Marie Eve Gardère
  Aix en Provence, août 2011